L’auto-entrepreneur ou comment démarrer une activité professionnelle à son compte sans créer de société

auto-entrepreneur.jpgL’auto-entrepreneur est un nouveau statut créé par la loi de modernisation de l’économie et qui permettra, à partir du 1er janvier 2009, de créer une activité en parallèle de son travail afin de compléter ses revenus ou de créer de façon extrêmement simplifiée sa propre activité à titre principal.

Concrètement, il n’est plus question de se lancer dans de longues et coûteuses formalités pour démarrer sa société. Il suffit de remplir une déclaration au centre de formalité des entreprises de son département pour bénéficier d’un régime fiscalo-social extrêmement simplifié.

Ainsi, à la condition de réaliser moins de 80.000 euros de chiffre d’affaires (ou 32.000 pour une activité de services),  l’auto-entrepreneur se contente de reverser 12% de son chiffre d’affaires (ou 21,3 % pour une activité de services) et si rien n’est encaissé, rien n’est payé. La comptabilité est également limitée à son plus simple appareil puisqu’une simple déclaration de recettes mensuelle est nécessaire.

L’entrepreneur profite de bénéfices très concrets :

  • Des formalités quasi-inexistantes et peu coûteuses
  • Un régime fiscal attrayant compatible avec une autre activité salariée
  • L’exonération de la TVA

Bien sûr, ce statut se limite à des projets de petite taille mais permet toutefois la transformation en société traditionnelle une fois les seuils dépassés. Voilà qui devrait favoriser les initiatives…

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Human Capital et Entrepreneuriat

Vendredi soir, conférence à l’Université de Chicago donnée par Gary Becker, Nobel d’Economie 92, sur “Human Capital and the Modern Economy”. Pour mémoire, le “Human Capital” est le capital attaché à chaque individu, donc incessible par nature, et formé de l’ensemble de ses connaissances, compétences et aptitudes, physiques et intellectuelles. Ce capital est, comme les autres, frappé d’obsolescence. Il se déprécie, du fait des évolutions rapides des technologies par exemple, mais peut être accru par la formation, l’expérience, ou encore l’accès à des moyens permettant une meilleure santé et une prolongation de l’espérance de vie.Bien que presque totalement ignoré dans les comptes de la nation, le “Human Capital” représente, selon Gary Becker, jusqu’à 70% de la richesse des Etats-Unis et de la plupart des pays développés. Cette proportion est clairement en croissance continue depuis des décennies. Le débat qui suit porte en majorité sur les politiques de discrimination positive, envisagées ici et appliquées ailleurs depuis longtemps. Avec une conclusion provisoirement simple : pour accroître le niveau de “human capital” des segments de population défavorisées, il ne faut pas attendre l’âge d’entrée dans les Grandes Ecoles. C’est avant la maternelle qu’il faut commencer à surinvestir.

Pour en revenir au sujet qui nous passionne chez Chausson Finance, je m’interroge sur les rapports entre “Human Capital” et entrepreneuriat. Avec deux cas pratiques qui posent question :1- Dans les premières phases de création d’une nouvelle entreprise, le “Human Capital” attaché aux porteurs du projet est un élément majeur, si ce n’est le seul, dans la valorisation par les investisseurs. Tout est affaire d’hommes et d’exécution. Les exemples abondent - plus aux Etats-Unis qu’en France, il est vrai - de tandems entrepreneur-VC qui s’épaulent mutuellement sur plusieurs projets successifs. Dans un autre registre, c’est bien et uniquement sur son “Human Capital” que Serge Weinberg peut lever 300M€ en quelques semaines après son départ de PPR. Mais quand on examine les critères de valorisation utilisés par les investisseurs dans les phases ultérieures de développement des entreprises, on voit apparaître des facteurs (actifs, cash-flow, contrats, partenariats) qui ne sont pas directement du “Human Capital” et qui prennent l’ascendant sur le critère humain initial. A tel point qu’il est fréquent de voir les investisseurs “aménager” le comité de direction en y faisant entrer, ou sortir, des membres. Ont peut donc conjecturer que la proportion du “Human Capital” dans la valeur d’une entreprise de croissance diminue en fonction de son stade de développement.Mais ceci est contradictoire avec la tendande macro-économique: plus une économie nationale se développe, plus le “Human Capital” prend de l’importance, mais plus une nouvelle entreprise se développe, moins le “Human Capital” a d’importance. Où va la différence?

2- Peut-on avoir un “Human Capital” négatif ? Sur un constat basique: lorsque Carly Fiorina est débarquée par le board de HP, l’action prend immédiatement plus de 9%. Adepte de la théorie des marchés libres, je crois en la factorisation du “Human Capital”, y compris celui du CEO, dans la valorisation d’une entreprise par le marché. Est-ce à dire, alors, que Mme Fiorina - avec tout le respect que je lui dois - a un “Human Capital” négatif équivalent à 9% de la capitalisation de son entreprise (plus les $20M de prime
de départ qu’elle a touché)? La réponse de Gary Becker est qu’il ne faut pas confondre le “Human Capital”, qui ne peut être négatif (peut-on avoir une espérance de vie négative ?), avec l’effet qu’il a sur une organisation. Carly Fiorina a sans doute un très haut niveau de “Human Capital” mais la déduction de sa valeur de la valeur globale de HP est largement compensée par la puissance du levier que lui accordait sa position de CEO. Soit. J’aimerais bien avoir une quantification de ce levier : quel est le rapport entre le Human Capital du CEO et la création de valeur à son crédit ? Et puis, à ma connaissance, Carly Fiorina n’a pas de successeur désigné, et le marché a donc uniquement arbitré sur sa personne.

Marc Brandsma

La création d’entreprises dans le monde en 2004

2004 aura été une année record pour l’entrepreneuriat français avec 225 000 entreprises créées au cours de l’année. Face à ce chiffre, on peut légitimement se demander ce qui peut pousser les entrepreneurs à se jeter à l’eau, et dans quelles conditions. S’agit-il d‘enfants de bonne famille, diplômés des plus grandes écoles ou à l’inverse, de chômeurs en fin de droit à qui la situation ne laisse plus vraiment d’autres alternatives ?

Entreprendre faute de trouver mieux ?
Le stéréotype de l’entrepreneur autodidacte se voit conforté par un récent article du Financial Times qui rapporte les résultats du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) sur l’entrepreneuriat dans le monde. L’étude menée conjointement par la London Business School & le Babson College montre en effet que 35% des entrepreneurs sont ceux qui n‘ont guère d’autre choix. Le taux d’entrepreneurs le plus élevé a ainsi été constaté dans des pays en développement tels que la Bolivie, l’Equateur et le
Pérou
.

Entreprendre par goût du risque ?
Les pays anglo-saxons comptent le plus d’entrepreneurs après les pays en développement, avec en tête de file les Etats-Unis. Cette fois, le GEM justifie cet engouement par une législation favorable (common laws) et une moins forte aversion au risque. Selon l’étude, seulement un cinquième des américains craignent l’échec contre la moitié des français. Ce facteur justifie très probablement le développement soudain des créations d’entreprises françaises, notamment des SARL à un euro qu’avait institué la loi Dutreil.

Entreprendre par ambition ?
Etonnamment non. Selon le GEM, l’ambition des entrepreneurs est limitée : plus de la moitié des entreprises n’envisagent pas d’exporter et deux tiers d’entre elles n’envisagent peu ou pas de création d’emplois dans les cinq prochaines années. A cela s’ajoute la pertinence de l’offre : le GEM indique que seulement 3% des sociétés créées ont un fort potentiel et apportent une innovation au marché.

Chez Chausson Finance, nous observervons la tendance inverse. Les chefs d’entreprise que nos cotoyons entreprennent par vocation et par ambition. Qu’ils aient renoncé à des carrières prometteuses dans de grands groupes ou qu’ils soient autodidactes, ils cherchent à répondre à un besoin identifié. Peut-être autant de qualités qui justifient
leur appartenance aux 3% de sociétés prometteuses…

Thibault Lougnon


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