La part des FCPI/FIP dans le capital risque français

12 ans d’historique de l’Indicateur Chausson Finance nous on poussés à nous pencher sur l’importance qu’ont pris, en quelques années, les FCPI et les FIP dans l’écosystème du capital risque français.

Les FCPI,  fonds commun de placement dans l’innovation, ont été créés en 1997. Les FIP, fonds d’investissement de proximité, sont venus compléter ce dispositif de soutien aux PME depuis 2003. Les FCPI et FIP sont des « produits d’épargne » grand public à déduction fiscale, proposés principalement par les banques et les compagnies d’assurance, mais également par quelques équipes de gestion indépendantes. Les capitaux sont investis dans des opérations de financement des entreprises qualifiées d’innovantes ou des entreprises locales. De 11 sociétés de gestion gérant des FCPI ou FIP en 2000, elles sont passées à  24 en 2009.

Les FCPI représentent 58% des montants investis

montants_investis_par_les_fcpi.jpgLes informations recueillies depuis 12 ans par l’Indicateur Chausson Finance montrent que les sociétés de gestion de FCPI et FIP ont fortement intensifié leur activité de financement entre 2000 et 2009.

De 256 millions d’euros investis en 2000, les FCPI sont passés à €327m en 2005 pour atteindre €523m en 2009. Ils ont donc doublé leurs investissements en 9 ans. En proportion des montants globaux investis en capital risque, la part des FCPI est passée de 23% en 2000, à 50% en 2005 puis 58% en 2009.

44% des investisseurs financent 65% des sociétés.

societes_financees_par_les_fcpi.jpgNon seulement les montants investis par les FCPI sont plus importants mais ils financent également davantage d’entreprises. En 2000, les fonds FCPI-FIP ont investi dans 183 sociétés. Ils ont permis le financement de 295 entreprises en 2005 et de 346 entreprises en 2009, soit une croissance de 89% du nombre de sociétés financées sur une période de neuf ans.

Ces sociétés de gestion ont une dynamique d’investissement plus soutenue que les sociétés qui gèrent des FCPR. En 2000, 11 sociétés de gestion de fonds FCPI–FIP ont assurés le financement de 38% des entreprises financées en capital risque. En 2009, les sociétés de gestion des FCPI et FIP en ont financé 65%.

Au global, depuis 2000, 2 472 entreprises différentes ont été financées par les sociétés de gestion gérant des FIP ou FCPI.

Des fonds essentiels dans la chaîne de financement

primo-financements_realises_par_les_fcpi.jpgLa 1ère levée de fonds est généralement plus difficile à réaliser qu’un refinancement. En effet, il est plus aisé de convaincre un investisseur si un autre fonds est déjà au capital. Les fonds FCPI et FIP sont devenus au fil des années des acteurs indispensables pour le primo-financement des entreprises innovantes.

En 2000, les FCPI-FIP ne représentaient (en montant) que 35% des primo-financements. Dès 2005, cette part atteignait déjà 52%. 4 ans plus tard, en 2009, les FCPI et FIP sont à l’origine de 63% des primo-financements. Cela a représenté un total de 135 entreprises innovantes.

Entre 2000 et 2009, un total de 1 135 sociétés ont eu accès à un premier financement, grâce à l’intervention des FIP ou FCPI.

  

      

         

              

              

             

              

Lancement de Talend !

Ce matin, conférence de lancement de la version Open Source de Talend. Sur la tribune (de gauche à droite) : de dos, Bertrand Diard, le PDG de Talend, Jean-Pierre Laisné, le CEO du consortium ObjectWeb, Mickael Carney, Directeur Commercial de MySQL, Jean-François Gallouin, Partner de AGF Private Equity, Marc Laporte, Directeur des Etudes chez IDC, et Pascal Boulard de La Tribune, qui anime le débat avec talent.

Talend a développé l’un des produits Open Source les plus aboutis du marché, qui surclasse ses concurrents en benchmark aussi bien sur les performances, les fonctionnalités et l’ergonomie. Le site est ouvert depuis moins de 10 jours (http://www.talend.com) et Bertrand Diard nous dit que la version beta a déjà été téléchargée par plus de 2.000 entreprises dont une majorité à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

Nota : Chausson Finance a arrangé le premier tour de table de Talend qui a levé plus de €3M auprès de Galileo et AGF Private Equity.

IGraal : le cashback 2.0

Plus besoin d’aller sur un site de cashback pour bénéficier de remises sur ses achats en ligne ! iGraal propose depuis lundi dernier de doter le navigateur Firefox de cette nouvelle fonctionnalité.

Une fois téléchargée, l’extension iGraal enrichît  le navigateur de nouvelles icônes qui donnent accès à des sites partenaires (déjà plus de 120) dans le shopping, les voyages, ou des comparateurs de prix. A chaque achat ou clic sur un site partenaire, l’utilisateur gagne de l’argent, de quelques centimes à plusieurs dizaines d’euros. Ces gains s’inscrivent de manière très ludique sur un compteur intégré dans le navigateur et qui permet de suivre ses gains en temps réel.

Lancé il y a une semaine par Christian Goaziou, ancien dircom de Microsoft France, iGraal connaît un départ fulgurant. Compte tenu de son modèle économique, un pourcentage prélevé sur les gains des internautes, le site a commencé à générer des revenus dès la première heure de sa mise en ligne !

Un modèle dans lequel l’ensemble des acteurs en présence y trouve des bénéfices :
-    les sites marchands, déjà acquis à l’affiliation et autres systèmes de fidélisation si l’on en croit leur adhésion aux multiples sites de cashback actuels (eBuyclub, Maximiles, Cashstore,…)
-    les internautes, déjà de gros utilisateur du cashback, et qui devrait être encore plus accrocs à cette formule dont le compteur tourne sous leurs yeux en permanence.
-    enfin, la Fondation Mozilla éditrice de Firefox qui soutient ce type d’initiative dans laquelle elle voit le moyen de gagner des parts de marché pour son navigateur (http://standblog.org/blog/2006/09/05/93114891-une-extension-innovante-pour-firefox-igraal).

A voir ce qu’en disent Michel de Guilhermier, fondateur de Photoways

ou Pierre Chappaz, Co-CEO de Netvibes et fondateur de Wikio

Mobile 2.0

La condamnation récente des trois opérateurs mobiles français par le Conseil de la Concurrence à de fortes amendes pour entente illicite a suscité nombre de réactions : dénégations de la part des opérateurs, aveux d’impuissance du régulateur, silence radio des politiques. Ceux qui furent le plus lésés, les clients, les actionnaires et les contribuables, restent au final bien silencieux. Cela trahit, de mon point de vue, un sentiment général d’inutilité de l’action publique, l’impression que « rien ne changera » et que l’oligopole continuera son petit bonhomme de chemin en faisant porter – sublime ironie – la charge des amendes à ses clients en maintenant des tarifs élevés.
 
La situation du marché des mobiles est un cas d’école pour la constitution d’un oligopole : nombre limité d’acteurs, contrôle d’une ressource rare (le spectre radioélectrique), garantie de stabilité du marché sur le long terme par le jeu des licences, impuissance assumée du régulateur, pas de différenciation d’offre du fait d’une même base technologique (standard GSM), et forte demande des clients. Dans ces conditions, la question n’était pas de savoir si les opérateurs allaient s’entendre, mais quand et comment ils le feraient. On pourrait presque dire, à leur décharge, que le marché a été organisé par la puissance publique pour créer un « oligopole naturel » de même qu’existent des « monopoles naturels ». Malheureusement, les effets des oligopoles sont - comme ceux des monopoles - néfastes à plusieurs titres : tarifs élevés, faible innovation, prédation économique et abus de position.
 
Pour sortir de cette situation, il n’y a pas d’autre solution que de recréer de la concurrence sur le marché des mobiles. Cela peut être fait de différentes manières. La première serait d’autoriser un beaucoup plus grand nombre d’opérateurs mobiles. Mais les barrières à l’entrée réglementaires et économiques ne le permettent pas,  comme l’a démontré le feuilleton risible des licences 3G. Il faut donc créer de la concurrence en développant sur les mêmes marchés des offres de substitution aux offres des opérateurs mobiles cellulaires. Examinons trois pistes :

1- Autoriser de véritables opérateurs virtuels. Les fameux MVNO « à la française » (selon l’expression d’un dirigeant d’opérateur mobile français) sont une pantalonade. Simples accords marketing sans substance, ils servent de prétexte aux opérateurs en place pour justifier du maintien de leur position oligopolistique. Le simple fait que des centaines de milliers de clients optent pour les offres des MVNO alors qu’ils n’en retirent quasiment aucun bénéfice, montre qu’il y a une véritable attente. Le régulateur doit permettre la création de véritables opérateurs virtuels disposant de leurs propres infrastructures réseau (à l’exception de la couverture radio mutualisée) et de gestion des clients. Avec la capacité de développer leurs offres sur une base technologique dont ils auraient la maîtrise, les MVNO deviendraient de véritables challengers pour les trois opérateurs en place.
 
2- Libérer le WIFI. Le marché du haut-débit sans fil en France est dans une situation préoccupante pour deux raisons principales : l’environnement réglementaire et la prédation exercée par les opérateurs mobiles. Passons sur la préemption par les opérateurs mobiles des meilleurs sites de déploiement du WIFI pour un usage professionnel, et cela en utilisant leur puissance acquise sur le marché des mobiles dans les conditions indiquées ici même. Dans le premier cas, les puissances d’émission autorisées sur la voie publique et le nombre de canaux disponibles dans la bande de fréquence concernée, interdisent de fournir un service de qualité dans les zones de fort trafic. En outre, les processus administratifs rendent le déploiement d’un réseau WIFI partagé à grande échelle tout à fait illusoire. N’est pas Google qui veux. Il est grand temps que les autorités de régulation créent les conditions techniques de développement d’un marché « dual play » basé sur le WIFI. Avec une offre de voix sur IP et d’accès internet à haut débit, les clients mobiles auront une véritable alternative aux offres des opérateurs cellulaires.
 
3- Assurer l’émergence du WIMAX. L’appel d’air créé par le processus d’attribution des licences WIMAX en France – 175 candidats déclarés – souligne les fortes attentes d’un marché insatisfait par les offres existantes. Il faut que le régulateur exploite cette opportunité pour permettre l’émergence de nouveaux opérateurs de haut-débit sans fil, fixe et mobile. Cela passe en premier lieu par écarter de l’appel d’offre les opérateurs en place, jugés importants ou dominants sur les marchés concernés, car leur intérêt est de ne pas développer cette nouvelle technologie qui viendrait concurrencer leurs positions acquises. Cela passe ensuite par la mise en place d’un environnement réglementaire assurant le maximum de marge de manœuvre aux nouveaux opérateurs du point de vue des offres. Limiter ou contraindre l’usage du 802.16e (le WIMAX mobile) serait par exemple un sérieux handicap alors qu’il n’y a aucune raison objective de le faire, si ce n’est la protection de l’oligopole des mobiles.
 
L’intérêt d’encourager plus de concurrence sur le marché des mobiles n’est pas seulement de réduire les coûts pour les clients. Il permet également d’envisager une plus grande diversité et créativité des offres de services et de contenus. En effet, disposant de plus de clients potentiels que trois opérateurs peu innovants, un plus grand nombre de start-ups pourraient émerger pour exploiter leurs innovations et proposer des offres nouvelles aux clients. Nous avons désespérément besoin de plus de créativité et de dynamisme sur le marché des mobiles. Il est grand temps de passer au Mobile 2.0.

Marc Brandsma

Et si la sécurité informatique n’était qu’une tour de Babel ?

Il y eut un temps où un système de sécurité informatique dernier cri reposait encore sur un firewall serveur et un antivirus client. Une administration simple, des mises à jour hebdomadaires automatiques et une politique de sécurité d’entreprise gravée dans le marbre.

C’était compter sans la créativité des hackers pour qui la détection d’une faille dans un système d’information n’est généralement qu’une question de temps. Et face à des attaques toujours plus sophistiquées, les administrateurs n’ont guère d’autre choix que de s’équiper d’une armada de solutions, déployant dans un même élan IDS, IPS, VPN, firewalls, antivirus, systèmes de détections de vulnérabilités, de contrôle d’accès, de déploiement de patches, etc. avec pour conséquence directe une augmentation très significative du total cost of ownership (TCO).

L’histoire aurait pu s’arrêter là si ces dizaines d’équipements ne remontaient jusqu’à 10 megabytes de logs à la minute…, bien au delà des capacités de traitement d’un administrateur. Et pour cause, parmi ces logs, des alertes critiques parfois, mais surtout 80% de fausses alertes : des anomalies ou une même alerte remontée indépendamment par chacune des solutions, qui plus est dans son propre langage: “l’effet Tour de Babel”. Un tel niveau d’information rend la détection d’une attaque critique extrêmement difficile, ce qui contraint fatalement l’administrateur à rabaisser le niveau de sécurité général.

Les solutions SIM (traduisez Security Information Management) ambitionnent de répondre à cette problématique en uniformisant, consolidant et corrélant l’information disparate en provenance de ces multiples solutions de sécurité. L’obejctif étant double : (i) réduire le travail d’analyse des administrateurs et (ii) identifier les attaques critiques jusque là perdues dans la masse. Un besoin de plus en plus marqué chez les grands comptes, qui se voit aujourdhui renforcé par les différentes régulations de type Bale II, Sarbanes-Oxley 404, etc.

Marché encore émergeant, le secteur compte encore relativement peu d’acteurs même si des grands noms de la sécurité annoncent peu à peu des offres SIM. Une fois n’est pas coutume, aucun leader américain n’a encore émergé et quelques acteurs Européens semblent à même de rivaliser et prendre une place de choix…

Thibault Lougnon

Brick & no mortar…

Du mobilier au bricolage en passant par la cuisine, l’appétence pour  le «do-it-yourself» est une tendance de fond. Mais si le bricoleur fait de plus en plus de choses dans la maison, il doit encore s’arrêter au mur. Une muraille de Chine qu’aucune innovation n’est venue faire évoluer depuis des dizaines d’années jusqu’à Elco…

Cette société française a en effet développé un parpaing qui se monte  à sec, sans mortier. Les blocs de béton s’empilent sans jointures comme un jeu de construction. L’innovation repose sur l’application au parpaing du principe des feuillures de fenêtre (série de chicanes  et de systèmes de drainage de l’eau). Innovation qui a donné lieu à trois brevets.

Les murs construits avec de tels parpaings sont aussi solides que ceux construits avec des parpaings traditionnels, voir plus puisqu’ils présentent même une meilleure résistante anti-sismique.

Parmi les nombreux bénéfices de ce parpaing, citons : un temps de pose réduit par 4, une utilisation possible en hiver et un moindre recours à une main d’oeuvre expérimentée.

Ce sont de tels bénéfices qui ont décidé l’architecte de l’usine Smart à Sarreguemines d’utiliser le Bloc Elco pour batir les 14.000m2 de murs de de l’usine.

Ce sont également de tels bénéfices qui ouvrent l’utilisation de ce produit, au-delà des professionnels, à toute la catégorie des  bricoleurs du dimanche expérimentés.

Voici à mon avis un exemple typique d’un produit innovant. Une rupture forte, et une réponse à une problématique avérée.

Quand on sait qu’il se vend chaque année 750 millions de parpaings sur le seul marché français et que chaque point de part de marché capté représentera pour Elco 30 m€ de chiffre d’affaires, on a peut-être là un projet pour le capital-risque. Qui sait ?

Skype is going wireless

Nous savions depuis la conférence VON d’avril dernier que Skype préparait une version de son logiciel client VOIP pour les mobiles. La puissance croissante des portables en CPU et mémoire, la relative accessibilité de leurs OS, et l’arrivée annoncée de modèles bi-standard GSM + 802.11, permettent de considérer cette annonce comme autre chose que du buzz pour blogger. On peut même conjecturer que cela est envisageable à court terme, avant la fin de cette année.

Comme pour le confirmer, Skype vient de poser un jalon dans la bonne direction en annonçant le lancement en bêta d’un service d’accès via hotspot public en partenariat avec Boingo Wireless. Rappelons pour mémoire que Boingo est un opérateur WiFi virtuel qui a noué des accords de roaming avec les opérateurs déployant eux de vrais hotspot, et qui commercialise auprès d’une clientèle plutôt haut de gamme des offres d’accès WiFi sans couture sur le méta-réseau de quelques 18 000 points d’accès ainsi constitué.

Le nouveau service est relativement simple : un plug-in à télécharger, un tarif à choisir, se trouver en zone de couverture d’un hotspot, et vous pouvez téléphoner sur Skype comme sur votre PC fixe. Je n’ai pas pu le tester, pour des raisons mentionnées en fin de ce post, mais pour avoir déjà Skypé sur les réseaux municipaux de Riviera-Sans-Fil à Marseille et Cannes, je sais que ça marche et que la qualité est quasiment la même que pour la version fixe. Les tarifs pour ce test sont très raisonnables avec un plan illimité à 6,5 Euros par mois et un plan à 2,5 Euros pour 2 heures de communication sur un même hotspot. A titre de comparaison, l’abonnement complet à Boingo coûte 18 Euros par mois, incluant en plus l’accès au web et au mail. Pour ce qui est de la qualité de service, il est clair que l’environnement radio est un challenge sans cesse renouvelé pour la transmission de données, IP ou pas IP, surtout dans les bandes ouvertes. Les interférences et la charge peuvent rapidement rendre l’exercice de VOIP sur WiFi très difficile. Mais il est vrai que tous les matériels déployés sur les hotspot ne se valent pas et qu’une infrastructure carrier class permet de rendre un niveau de qualité de service très correct à un nombre raisonnable d’utilisateurs en simultané.

Reste le plus gros problème : la couverture. Boingo propose près de 18 000 points d’accès mais Skype n’est disponible que sur la moitié d’entre eux (9106 exactement). En France, sur 374 hotspot accessibles via Boingo, seuls 39 permettent d’utiliser Skype ! Même si Boingo doit nécessairement obtenir l’accord des opérateurs des infrastructures qu’il utilise, un tel écart laisse songeur alors qu’une récente étude In-Stat (http://www.instat.com/newmk.asp?ID=1319) faisait état d’un taux d’adhésion au de près de 85% auprès des professionnels mobiles pour un service mixte cellulaire/Wlan.

Plus inquiétant encore, le principal opérateur de hotspot en France, Orange, ne semble pas avoir d’accord de roaming avec Boingo. Pourtant, le renfort de ses 10 000 hotspot donnerait d’un seul coup une envergure mondiale au service avec des capacités de connexion en France dépassant celles des Etats-Unis ! Allons, Mesdames et Messieurs les Marketeux d’Orange, montrez que vous savez mettre vos actes en accord avec votre vision : ouvrez Skype sur Orange Wifi !

Marc Brandsma

L’Europe, nouvelle frontière ?

(Lu dans le Journal du Net)

Quelques heures après le  résultat du référendum français sur le traité constitutionnel européen, Le Journal du Net a souhaité prendre le pouls chez les managers de l’Internet français. Un sujet qui ne laisse visiblement pas indifférent le secteur high-tech : la quasi totalité des managers contactés a accepté de livrer ses commentaires à chaud, alors que l’exercice n’est pas toujours facile. Une douzaine de patrons du Net qui ne cachent pas leur surprise, parfois leur colère, mais qui gardent pour la plupart confiance dans l’avenir.

La réaction de Christophe Chausson :

“Je suis un peu atterré. Contrairement aux tendances auxquelles on assiste sur le marché des technologies, qui sort d’une situation d’aversion au risque qui prévalait depuis trois ans, on constate ici que ce sont les forces conservatrices qui l’ont emporté sur les forces progressistes. Or, si l’on veut perpétuer le modèle social français, il
faut que l’on redonne de la marge de manœuvre aux entrepreneurs. Mais je ne vois pas de conséquences directes pour la high-tech. Cependant, pour les entrepreneurs que je côtoie et l’entrepreneur que je suis, il existe un besoin de redynamiser l’économie et de donner de nouvelles frontières pour sortir de la crise par le haut et non par le bas, ce qui serait une catastrophe. Cette nouvelle frontière, pour beaucoup, c’est l’Europe.”

Toutes les réactions ici

Linux reviendra

On en parle, on en reparle, la migration sur Linux fait beaucoup de bruit. Elle semble toutefois poser encore un certain nombre de contraintes, et si les entreprises admettent envisager de passer sur des logiciels libres, elles le feront probablement dans des délais et des proportions beaucoup plus souples que les migrations brutales et globales qui nous ont été prédites.

 

La mairie de Paris vient ainsi de jeter un pavé dans la marre en annonçant le report de la migration de ses 15.000 postes sur Linux. La mairie de Munich avait pourtant envoyé un signal fort l’année dernière en décidant après de longues hésitations de migrer l’ensemble des 14.000 postes. Une initiative qui avait été suivie par le Pentagone, le Fisc sud-africain ou encore la mairie de Vienne qui prévoyait en janvier dernier de migrer la moitié de son parc (7.500 postes) sur OpenOffice dont 4.800 sur un OS Linux. Une démarche intéressante puisque cette migration doit s’effectuer en ce moment même sur la base d’un volontariat au sein de la mairie.

 

Curieusement, encore peu d’entreprises se sont engagées sur les chemins de la migration. Les collectivités seraient-elles devenues des early adopters ou l’indépendance
vis-à-vis d’un fournisseur unique n’est tout simplement pas envisageable pour une institution publique ?

 

A l’origine de cette migration, un monopole de fait agaçant et dangereux du leader mondial autant sur l’OS que sur un certain nombre d’applications phares… et des avantages alléchants mis en avant par les prescripteurs de Linux à savoir :

  • Une amélioration des performances et de la
    stabilité
  • Une diminution de la maintenance et donc du
    TCO
  • Une augmentation des
    fonctionnalités
  • La pérennité des systèmes installés
  • Une sécurité accrue

Qu’en est-il vraiment ? Une migration est-elle économiquement viable à moyen terme ? Qu’est-ce qui a vraiment justifié par exemple la migration de IE vers Firefox ? Probablement pas des motivations économiques (impact sur le TCO ??), peut-être ses petits plus (fonctions RSS, onglets, recherche plus aisée, bloqueur de pop-ups performant), très probablement des raisons de sécurité et peut-être un peu des raisons d’ordre socioculturel, parce qu’être sur Firefox, c’est devenu « branché », au même titre que d’avoir un blog, un mac, etc.

 

Ce qui est certain en revanche, c’est qu’un marché en pleine expansion est en train de voir le jour. Je suis d’ailleurs preneur de toute donnée de marché en la matière. Le Président de l’Association francophone des utilisateurs de Linux parlait en 2004 de 25% des postes équipés sous Linux d’ici 2010, vraiment réaliste ?

 

Je conclue cette note en signalant une société intéressante et encore méconnue, Freedows, qui a mis au point une copie conforme de Windows et d’Office sous noyau Unix
respectivement baptisées Freedows et FreeOffice, déconcertantes de simplicité. Cette société brésilienne a d’ailleurs fait le pari de vendre ses applications en mode locatif vs licences pour un montant qui, de mémoire, doit être de 30 euros par an.Thibault Lougnon

3GSM : et si la 3G était le RNIS du mobile?

Retour à Paris plus rapide que prévu. Ce 3GSM laisse une impression mitigée. La 3G, tant attendue et tant vantée, est enfin en train de prendre sa place sur le marché. L’image animée se généralise dans les services et les contenus proposés par les opérateurs et éditeurs. Les terminaux sophistiqués se multiplient avec plus de mémoire, plus d’intelligence, plus de fonctionnalités et de couleurs. Mais cette évolution majeure du marché des mobiles, du petit écran noir&blanc voix vers le grand écran couleur data, laisse presque indifférent. Une bonne proportion des 30,000 visiteurs de mardi étaient sans doute des opérateurs, et pourtant je n’ai pas vu beaucoup de cartes data 3G en fonctionnement. Le Wifi, en revanche, est partout.

Question de débit, sans doute. Sur le salon, le HSDPA est la grande nouveauté du moment. En promettant de booster le débit maximum disponible sur le WCDMA de 2Mbps à 11Mbps, en réalité pour les utilisateurs de 150/200kbps à 3Mbps (?), cette technologie réaliserait le même saut en performances que EDGE a pu donner au GSM/GPRS. Il n’est pas dit que le HSDPA et son évolution, le HSUPA (similaire pour la voie montante), soient de grands succès commerciaux à l’image justement de EDGE qui peine à trouver son marché. Ils soulignent en revanche la dynamique fondamentale qui anime justement ce marché vers de plus en plus de débit.

Et sur ce plan, la seule technologie qui permet de faire réellement du très haut débit sur radio est bien OFDM (Cf. graphique, source Forrester). Le 802.11a à 54Mbps et le 802.16 à 74Mbps sont déjà là pour démontrer qu’il y aura toujours un ordre de grandeur entre les débits possibles en TDMA/CDMA et OFDM. Naturellement, il n’y a pas de recette miracle et ces technologies ont aussi des défauts. Mais il est un fait que le marché connaît une évolution fondamentale, c’est du moins mon opinion personnelle, vers le Wireless Broadband. On peut se risquer à conjecturer que d’ici 5 ans, pas plus, il y aura des produits permettant de communiquer en IP sans fil à 100Mbps. Et quantité d’acteurs sont très intéressés et très actifs sur le sujet, mais pas les opérateurs cellulaires qui se retranchent habituellement sur leurs investissements accumulés en 2G/3G, comme si la notion de sunk cost n’existait pas chez eux.

Marc Brandsma


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