En direct du 3GSM à Cannes (suite)

Le soleil est revenu sur Cannes ce matin et écrire un post depuis le vieux port est un plaisir naturel. La configuration du port de Cannes pour cet événement reflète à mon sens assez bien ce qui s’y passe réellement.

Du côté du Palais des Festival s’alignent les yachts, monstres à moteurs, loués par toutes les entreprises du secteur qui, à l’étroit sur leur stand, veulent bénéficier d’un espace supplémentaire, agréable si possible, pour recevoir leurs clients. Il est préférable d’avoir du cash en banque pour ce genre de représentations. Siemens bat d’ailleurs tous les records avec un paquebot de taille très honorable et solidement ancré au mileu de la baie. On se demande comment les clients peuvent y accéder. En revanche, ce qui semble certain, c’est que l’investissement que cela représente va à l’encontre des spéculations récentes sur l’abandon de l’activité Wireless.
De l’autre côté du port, sur le quai des vieux grééments, ces magnifiques voiliers en bois, se traitent les affaires sérieuses. C’est un endroit plus calme et les délégations à malettes s’y succèdent sur le pont des bâteaux. On dit que c’est là que se font les vraies affaires. Les hotels, les yachts et le Palais n’étant que des vitrines un peu trop brillantes.

Programme chargé aujourd’hui, plusieurs entretiens avec des chefs d’entreprises qui lancent ou pour certains relancent une activité dans le domaine des mobiles. Et j’espère avoir le temps de faire un tour approfondi du salon, il y a de nombreux jeux concours et de multiples gadgets surprenants.

Marc Brandsma

En direct du 3GSM à Cannes

Le soleil n’est pas vraiment de la partie pour ce dernier 3GSM Cannois. Comme s’il avait déjà pris ses quartiers à Barcelone où cet événement mondial de la planète sans fil va déménager à partir de 2006.

La fréquentation n’en souffre visiblement pas et la vision de 35000 ingénieurs télécoms sur la Croisette donne toujours autant le vertige. Une rapide visite du salon et de ses alentours (la chose la plus importante à faire si vous voulez nouer des contacts utiles est probablement de rester à l’extérieur du salon devant la porte) donne un aperçu de quelques tendances intéressantes qu’on retrouvera peut-être demain dans les offres des opérateurs. Une petite expérience intéressante est de se poser quelque part entre le vieux port et le Gray d’Albion, d’ouvrir son PC et de laisser tourner NetStumbler pendant 10 minutes. Vous avez de fortes chances de trouver une bonne quarantaine de points d’accès Wifi 802.11b ou 802.11g appartenant à différents fournisseurs de service, Orange, SFR mais aussi Riviera Sans Fil. Orange a un café wireless sur le parvis et à l’intérieur du Palais, Ericsson propose un espace relaxation complètement surchargé de nerds penchés sur leurs PC ou PDA. On y voit du surf et du mail mais aussi quelques utilisateurs de Skype, contredisant les prédictions alarmistes des analystes sur la faisabilité technologique de la “VoIP over WLAN”. Quelques cas de visiophonie sans fil ont aussi été repérés mais il est probable qu’ils bénéficient d’une infrastructure réservée compte-tenu de la charge de trafic constatée sur la bande des 2,4GHz. Le Directeur Général de Riviera Sans Fil annonce 40 à 50 connections simultanées sur leur réseau de type mesh en permanence depuis le début du salon. On se demande presque où est passée la 3G. D’autant plus que sur les stands des grands et des moins grands constructeurs, l’heure semble être à la convergence: GSM, UMTS, Wifi, Wimax, toutes les technologies sans fil se doivent de converger et d’interopérer pour offrir aux utilisateurs l’expérience ultime de la connectivité permanente et universelle. Les terminaux multi-standard existent, ainsi que les plate-formes
de roaming, restent à diffuser largement ces technologies.

Dans les embouteillages à la sortie de l’autoroute ce matin m’est venue l’idée d’un nouveau business: un logiciel client capable de gérer les différentes interfaces radio disponibles en permanence pour se connecter et de choisir la plus efficace ou la moins chère. Du Least Cost Routing sur sans fil en quelque sorte. Je devrais en parler à mes amis de Overnetworks qui faisaient ça pour le routage de traffic sur les backbones IP et qui sont maintenant chez Bizenga une start-up proposant un messaging server ultra-rapide.

A l’intérieur du Hall 5 du salon, le visiteur peut expérimenter une autre facette du monde des communications. Le Hall 5 est l’espace réservé aux contenus et une des tendances révélées l’année dernière se
trouve amplement confirmée cette année: il y a de moins en moins de tissu sur les dames qui proposent leur anatomie sur les panneaux des stands et de plus en plus de stands qui proposent des dames dévêtues. En bref, les contenus adultes, sexe et jeux d’argent, dominent. Comme me le disait Emmanuel Guyot, le PDG de Mobivillage qu’il vient de revendre au japonais For-Side, “il est temps
qu’on s’intéresse à ce qui fait vraiment vendre”. Propos légèrement provocateurs puisqu’il a développé avec son équipe un leader européen des contenus pour mobiles en proposant une grande variété de thématiques allant des jeux aux applications professionnelles.

Autre encouragement pour les jeunes entreprises, un petit détour par le Majestic et la présentation organisée par l’IMA de 54 start-up israéliennes, permet de retrouver quelques vétérans qui ont démarré pour
certain depuis plus de 4 ans et continuent à défricher le marché, tester des business models, et développer des services et produits innovants. Patience et longueur de temps…

Marc Brandsma

Nous avons testé la radio P2P
Si le téléchargement de musique en Peer to Peer pose une vraie problématique légale pour les utilisateurs, des sociétés comme Mercora devraient maintenant changer la donne. Cette société américaine récemment financée par le fonds californien Norwest Venture Partners propose une radio en P2P, c’est à dire l’écoute en streaming de chansons stockées sur le disque dur des autres utilisateurs, sans toutefois pouvoir les télécharger.

La société a été créée en 2003 par Srivats Sampath, l’ancien fondateur de McAfee. Mercora revendique pour l’instant 300.000 utilisateurs et plus de 21 millions de titres à l’écoute, soit 20 fois plus que les offres les plus complètes de téléchargement payant. Nous avons essayé, c’est très bien fait et marche instantanément sans coupures ni temps d’attente.

Toutefois, pour que le service soit légal, Mercora reverse à Sound Exchange (la Sacem américaine) des droits de l’ordre de 1/7ème de penny par titre écouté. Mercora étant pour l’instant gratuit, reste la question du business model, qui s’envisagera probablement sous forme d’abonnement mensuel et de services premium.

Vous pouvez télécharger Mercora à l’adresse suivante :

http://www.mercora.com/download.asp

Thibault Lougnon

Le casse-tête des grandes tendances de la technologie

Chausson Finance participait hier à un comité de réflexion sur le financement des technologies innovantes. Une des questions abordées a été : « S’il fallait déterminer 4 grands thèmes/tendances dans les technologies, quelles seraient-elles selon-vous ?». En vrac nous avons pensé : mobilité, semi-conducteurs, convergence, vidéo, sécurité, nanotechnologies, domotique, etc. Les blogs et autres services sociaux (Meetic, Linkedin, …) ont aussi été évoqués.

In fine, aucune certitude. Pour l’heure, voici ce que nous observons :

Les projets Internet reviennent progressivement en grâce auprès des investisseurs. Le constat de belles success stories, y compris en France, de nouveaux business models, l’augmentation des débits et l’adoption d’Internet par le grand public y contribuent.

La mobilité fait rêver. Imaginer que l’on pourrait reproduire demain sur un terminal mobile l’ensemble des applications qu’offre déjà Internet révolutionnerait en théorie nos modes de fonctionnement. Restent à trouver les applications pertinentes. Au-delà des premières problématiques techniques évidentes (autonomie de la batterie, taille de l’écran, puissance du terminal, ergonomie de la navigation, etc.,) y a-t-il un vrai besoin par exemple pour la vidéo sur mobile ?

La vidéo (même fixe) révèle quant à elle des enjeux colossaux. L’arrivée de la TNT, de la TV ADSL et le transfert de la vidéo analogique au numérique ouvrent un marché d’envergure. La technologie y est une composante essentielle tant sur le transfert de l’information, que sur la compression.

A l’inverse, la sécurité a encore mauvaise presse : aucun succès vraiment probant dans les sociétés françaises et des équipes trop techniques dans la plupart des cas. Malgré cela, on voit apparaître des offres extrêmement pertinentes qui pourraient venir inverser cette tendance (voir blog précédent)


Thibault Lougnon

La sécurité proactive, la réponse aux nouvelles attaques ?

Une récente étude de PriceWaterhouseCoopers réalisée en avril 2004 auprès de 1000 entreprises anglaises montrait que si 99% de ces entreprises possédaient un anti-virus, 68% d’entres elles avaient néanmoins été infectées au cours des 12 mois précédents. Le virus Blaster a ainsi pu infecter plus de 330 000 ordinateurs en 24 heures, soit plus de 200 postes par seconde, sans que l’on puisse intervenir. Le coût total a été estimé à $500 millions si l’on cumule : perte de productivité, perte de chiffre d’affaires et coût logiciels et matériels.

Ce n’est pourtant pas les couches de sécurité qui manquent sur le marché : firewalls, anti-virus, IDS/IPS, systèmes d’autentification et de chiffrement, etc. mais il semble que ces solutions soient incapables de répondre aux attaques qui sont de plus en plus sophistiquées.

Un des principaux reproches notamment fait aux éditeurs d’anti-virus est leur temps de mise à jour : on estime à 12h le temps moyen passé entre l’arrivée d’un nouveau virus et la livraison de l’antidote par les éditeurs, délai qui vient encore augmenter avec le temps de déploiement nécéssaire des patchs sur les parcs de machines (qu’on imagine aisément long lorsqu’il s’agit de déployer un patch de sécurité sur un parc de plusieurs machines avec les problèmes de compatibilité qui l’accompagne). C’est ce délai de disponibilité des patchs ajouté aux failles des différents OS (qui sont rendues publiques !) qui génère une faille colossale dans les systèmes de sécurité.

Afin de combler ces failles, une nouvelle génération de solutions de sécurité a vu le jour depuis 2 ans. Ces solutions s’appuient sur une analyse comportementale du poste client qui va permettre de détecter les attaques inconnues et/ou ciblées, à la différénce des anti-virus qui s’appuient tous sur des signatures, c’est à dire sur une base de données contenant l’ensemble des virus connus. C’est ce système d’autodéfense proactif, basé sur des algorithmes complexes de détection d’un comportement anormal, qui va permettre de protéger la machine contre tout type d’attaques. Ces solutions complètent les anti-virus puisqu’elles se contentent de les rendre complètement inoffensives. Reste ensuite à l’anti-virus, lorsque le patch est enfin prêt, à éliminer définitivement l’attaque.

Ce type de solutions se développe fortement et certains acteurs américains comme Entercept et Okena se sont déjà imposés. Les grands acteurs de la sécurité n’ont pas mis longtemps à réagir puisque ces derniers ont respectivement été rachetés par McAfee et Cisco. En Europe, des sociétés commencent à également à s’imposer à l’instar de la société SkyRecon (un français !).

Thibault Lougnon

Les opérateurs mobiles doivent-ils redouter l’arrivée de la VoWi-Fi ?

La VoWi-Fi c’est la téléphonie mobile à partir d’un réseau de hotspots WiFi. Aprés l’annonce par Motorola et Samsung de la fourniture des premiers téléphones bi-bandes (GSM+Wi-Fi), la récente annonce par British Telecom d’une offre de téléphonie mobile sur réseau Wi-Fi en 2005, devrait fortement accélerer les choses.
" … By the end of next year BT hopes to offer a mobile phone incorporating Wi-Fi, which will enable customers to make voice calls over the Internet via one of 17000 of the telecommunications operator’s global hotspots…"

Pour BT, qui ne possède plus d’opérateur mobile depuis la vente de mm02 en septembre 2001, cela doit être vu comme la volonté d’attaquer frontalement les opérateurs mobiles.

Fort d’un coût d’infrastructure (Capex) très fortement inférieur à ceux des réseaux GSM ou pire UMTS (on parle d’un rapport de 1 à 50, voir 1 à 100), le pricing des communications en VoWi-Fi pourra en effet être très agressif…

Si de tels réseaux ne peuvent prétendre offrir une converture en continu, équivalente à celles des opérateurs mobiles, la croissance extrémement rapide du parc de hotspots Wi-Fi dans les lieux privés (domiciles, entreprises) et publics rend possible l’utilisation de la VoWi-Fi pour toutes les communications émises depuis ces lieux.

Hors selon le cabinet d’étude Ovum la part des communications mobiles émises à partir de ces lieux d’intérieur représente 75% du total des appels (dont 30% à partir du domicile).

Alors que quelques initiatives apparaissent ça et là dans le monde, une fois n’est pas coutûme, la France semble être à la pointe. "L’opérateur de réseau pervasif" Ozone, créé et dirigé par Rafi Haladjian, couvre déjà cinq arrondissements parisiens.

Christophe Chausson


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