Levée de fonds de 2ME dans les cleantechs pour 8′33

8 minutes 33 lève 2 M€ auprès d’OTC Asset Management afin d’accélérer le déploiement national de ses centrales photovoltaïques.

8′33

8minutes33 est un opérateur photovoltaïque d’un nouveau genre qui met en œuvre et exploite des centrales photovoltaïques tout en assurant l’étanchéité de longue durée des toits industriels. Grâce à un outil de production innovant et écologique, basé sur des membranes d’étanchéité photovoltaïques spécialement adaptées à la couverture des toits plats, 8′33 permet de réduire les coûts de rénovation ou de construction d’une toiture tout en rendant le bâtiment producteur d’électricité.

Les premières centrales photovoltaïques exploitées par 8’33 vont d’ores et déjà produire plus d’un GigaWatts heures, l’équivalent de la consommation de plusieurs centaines de ménages. Les fonds propres apportés par OTC Asset Management lors de cette opération, menée avec le conseil de Chausson Finance, vont permettre à 8’33 d’étendre sa capacité de production énergétique.

« Même s’ils souhaitent agir en éco-citoyens, produire de l’énergie n’est pas le cœur de métier de nos clients. En déléguant cette tâche à 8’33, acteurs du bâtiment et propriétaires immobiliers participent activement à la concrétisation du Grenelle de l’Environnement : produire une énergie propre et inépuisable, décentraliser les unités de production, alléger le réseau de distribution, concevoir le bâti d’une nouvelle manière et surtout s’engager dans la véritable révolution industrielle qui est en cours » déclarent Loïc Mairesse et Emmanuel Berthod, co-fondateurs de la société.

« Le coût initial est souvent cité comme un frein au développement de nouvelles pratiques énergétiques. 8’33 a conçu une offre qui accompagne et sécurise les propriétaires de surfaces industrielles, c’est ce qui nous a séduit dans leur approche », explique Patrick de Roquemaurel, Directeur de participation d’OTC Asset Management. Le tarif de rachat de l’électricité est un puissant levier pour faire croître une nouvelle filière industrielle, des champions des « Nouvelles Technologies de l’Energie », mais aussi dynamiser toute la chaine des acteurs du bâtiment en France : fabricants de matériels, bureaux d’études, étancheurs, électriciens. Mais surtout, la proposition de 8’33 est valable sur l’ensemble du territoire national, pas uniquement dans le Sud, ce qui permet d’éviter une France photovoltaïque « à deux vitesses»

La France manque d’énergie !

« En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». Chacun se rappelle ce slogan roublard inventé dans les années Giscard pour à la fois flatter l’ego de nos concitoyens, dissiper les craintes d’une pénurie et accessoirement faire prendre conscience à tous que le temps du gaspillage était fini. Trente ans après, des progrès significatifs ont été accomplis dans la maîtrise de la consommation mais la question énergétique est plus que jamais d’actualité. Pic de Hubert, énergies renouvelables, pile à combustible, nombre de ces sujets techniquement pointus se retrouvent régulièrement exposés dans les médias et il n’est pas insensé de croire qu’une certaine prise de conscience de la fragilité de notre modèle de développement se fait jour, notamment dans les jeunes générations.


Connaissez-vous la European Energy Venture Fair ? C’est une conférence de dimension européenne voire mondiale, qui a lieu en ce moment même à Zürich et a pour vocation de rapprocher des investisseurs avec des start-ups travaillant dans le secteur de l’énergie sur les technologies qui formeront demain la base de notre approvisionnement en énergie. L’occasion de faire le point chaque année sur les avancées dans ce secteur qui est déjà un des plus porteur si ce n’est le plus porteur du capital risque en Californie. Malheureusement, pas une seule entreprise française n’est présente cette année. Au temps pour notre prétention à avoir des idées à la place de pétrole.


La participation française dans les années passées était déjà modeste mais en 2006, elle est nulle. Pourquoi ?


Une première explication classique est que les entrepreneurs français ne sont pas à l’aise avec les conférences internationales. Manque de moyens, culture technologique, maîtrise relative de l’anglais, autant d’obstacles à une participation active qui est pourtant un des seuls moyens à même de leur assurer la notoriété et les connexions indispensables pour franchir toutes les étapes du développement de leur business. Tout cela est de l’ordre du cliché. Les entrepreneurs français ne sont ni meilleurs ni moins bons que leurs homologues européens. Si vous êtes un entrepreneur passionné et que vous avez un message à délivrer, il passera avec force quelles que soient les circonstances.


Seconde idée : il n’y a pas de start-ups dans le secteur de l’énergie en France. Voilà qui est beaucoup plus sérieux et infiniment plus préoccupant. Mises à part les start-ups qui se sont lancées sur les brisées des anciens monopoles (Direct Energie, Poweo, etc.) pouvez-vous me citer une jeune entreprise innovante développant en France une technologie nouvelle dans le secteur de l’énergie ? Je sais qu’il y en a
beaucoup qui existent dans le photovoltaïque, les nanotechs, les piles à combustible, et tous les domaines technologiques touchant à la production, au stockage et à la distribution d’énergie. Mais pour ce que j’en ai vu, elles ont du mal à passer du stade du bureau d’étude au rang des fameuses gazelles. Est-ce parce que nous ne savons toujours pas transférer efficacement une technologie de la recherche publique vers l’exploitation commerciale ? Est-ce parce que la recherche sur l’énergie est aujourd’hui complètement trustée par les anciens monopoles EDF et GDF, comme celle sur les télécoms le fut par le CNET avant que
IP ne bouleverse la donne ?


Enfin, peut-être que les entrepreneurs en France savent qu’il n’y a rien de bon à tirer de ce genre d’événement parce que la part dévolue par les VCs en France au secteur de l’énergie est minime ? On me dira que sans deal flow, il est impossible d’investir, et que le poids excessif des anciens monopoles gèle le marché, obérant les perspectives de sortie. Sur un sujet comme l’énergie où les particularismes culturels ne jouent pas et qui est donc un marché mondial homogène, il ne devrait pas y avoir de problème à viser Européen dès le départ. En laissant de côté APAX Partners, qui connaît les fonds Wheb Ventures, Scottish
Equity Partners, iti Energy, Atmos, Hydro Technology Ventures, Bankinvest New Energy Solutions et SAM qui sont à Zürich ? Où sont les fonds d’origine française ? Pourquoi est-ce que le principal investisseur dans les piles à combustible pour l’automobile est un entrepreneur privé (Vincent Bolloré) ?


La question énergétique ne fera que prendre de l’importance dans les années à venir, marquée probablement par un éclatement des anciens modèles monopolistiques et l’émergence de nombreux marchés plus locaux, plus diversifiés, plus rentables. Encore une fois, la France est en retard dans ce mouvement global. Elle manque d’énergie…


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